Montant maximal à ne pas dépasser sur Vinted
2 000 euros : ce n’est pas une légende urbaine, mais le seuil qui peut faire basculer votre tranquillité sur Vinted. Depuis le 1er janvier 2020, les plateformes de vente entre particuliers transmettent automatiquement à l’administration fiscale le détail des transactions de leurs utilisateurs. Un seuil annuel de 2 000 euros ou plus de 30 ventes déclenche cette déclaration obligatoire. La loi impose aussi une distinction entre cession d’objets personnels et activité assimilable à du commerce, même en l’absence de bénéfice.
Des contrôles sont régulièrement menés pour détecter les abus, une pratique qui concerne autant Vinted que Leboncoin ou Airbnb. Les obligations déclaratives ne dépendent ni du profil du vendeur, ni de l’ancienneté du compte, mais uniquement du volume et de la fréquence des ventes enregistrées.
Plan de l'article
Ventes sur Vinted : ce que dit la loi fiscale aujourd’hui
Depuis l’application de la directive européenne DAC7, les cartes ont été redistribuées. Les géants du marché comme Vinted, Leboncoin ou eBay doivent désormais signaler à l’administration fiscale chaque particulier qui, au cours d’une année, dépasse l’un des deux seuils fatidiques : 2 000 euros de ventes ou plus de 30 transactions. Pas d’exception, pas de passe-droit : la règle est la même pour tous, que vous vendiez un vélo oublié ou une collection complète de baskets.
Le fameux relevé annuel remis à l’administration regroupe le nombre total de transactions et le montant global des ventes. La transmission est automatique, impossible d’y échapper. Que vous soyez chineur occasionnel ou serial-vendeur, vos performances sont désormais consignées noir sur blanc.
Faut-il s’inquiéter pour autant d’un prélèvement surprise ? Non. Ce signalement n’entraîne pas forcément de taxation. L’administration fiscale surveille, recoupe, analyse. La déclaration automatique, c’est d’abord un indicateur d’activité, pas une condamnation à l’impôt. Tout repose sur la distinction entre vente occasionnelle (liquidation de quelques biens personnels) et véritable activité commerciale (transactions répétées, intention de profit).
La loi de finances et le Code général des impôts tranchent : la vente de biens personnels reste généralement exonérée, tandis que la revente régulière, même modeste, relève de l’activité commerciale et doit être portée sur votre déclaration. Le seuil, c’est l’intention et la répétition. Les plateformes, elles, se contentent de transmettre les données : c’est à chacun d’assumer sa part devant l’administration.
À partir de quel montant et dans quelles situations devez-vous déclarer vos gains ?
En principe, la vente occasionnelle de biens personnels sur Vinted n’exige aucune démarche fiscale spécifique. Mais il existe des situations où des obligations apparaissent, notamment en cas de vente supérieure à un certain montant. Le seuil fixé à 5 000 euros par objet (hors meubles, électroménager ou véhicules) oblige à déclarer une plus-value via le formulaire 2048-M. Mais céder un canapé, un four ou une voiture ? Aucun signalement requis, même à prix d’or.
Tout change si l’activité devient régulière. Vendre pour faire de la place chez soi, c’est une chose. Acheter pour revendre, multiplier les opérations, dégager un bénéfice, c’en est une autre. Les revenus basculent alors dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Dès le premier euro de profit, la déclaration sur le formulaire 2042-C-PRO s’impose. Un abattement de 71 % s’applique, mais l’administration suit alors chaque opération à la trace.
Voici les cas de figure à retenir pour savoir quand déclarer :
- Vente occasionnelle : vous n’avez rien à signaler, sauf si un objet se vend plus de 5 000 euros (hors exceptions majeures).
- Vente régulière ou achat-revente : chaque euro de bénéfice doit être déclaré, sans seuil de tolérance.
- Plus-value sur bien meuble : au-delà de 5 000 euros, l’imposition grimpe à 19 %, sauf pour les meubles, appareils électroménagers ou automobiles.
- Vente de métaux précieux : une procédure spécifique via le formulaire 2091 s’applique ici.
Dès que l’activité prend une dimension professionnelle, la donne change : chaque centime généré via Vinted doit être intégré à votre déclaration annuelle, peu importe la fréquence ou le montant global.

Comparatif des règles fiscales : Vinted, Leboncoin, Airbnb… ce qui change selon la plateforme
Que vous vendiez sur Vinted, Leboncoin, Airbnb ou eBay, une règle domine aujourd’hui : la transparence fiscale totale. Depuis l’entrée en vigueur de la directive européenne DAC7, chaque plateforme est tenue d’envoyer à l’administration fiscale un relevé annuel d’activité pour tout utilisateur dépassant les seuils de 2 000 euros de chiffre d’affaires ou 30 transactions annuelles. Pas de favoritisme : même vigilance, même transmission, quel que soit le site.
Ce relevé détaille le volume des ventes et le nombre de transactions. Pourtant, il ne scelle pas à lui seul le sort de votre portefeuille. Ce sont la fréquence des ventes, la nature des objets cédés, et surtout l’intention qui orientent la taxation. Que ce soit pour des vêtements revendus sur Vinted, des meubles sur Leboncoin ou un logement mis en location sur Airbnb, les critères d’alerte restent alignés.
Les plateformes servent d’intermédiaires, sans rôle de juge : elles transmettent, l’administration qualifie. La déclaration automatique s’installe comme la règle, mais l’impôt ne tombe que si l’activité sort de l’occasionnel pour devenir régulière et lucrative. Ce qui intéresse le fisc, ce n’est pas l’objet, mais la répétition et la logique de profit. Un particulier dépassant le seuil sans intention de commerce ne sera pas forcément imposé. La requalification guette surtout ceux dont l’activité s’apparente à une micro-entreprise déguisée.
La directive européenne redessine les frontières : la moindre transaction laisse désormais une trace numérique. Vinted, Leboncoin, Airbnb ou eBay, peu importe la plateforme, le fisc ne loupe plus un euro qui passe. Une ère où la discrétion cède la place à la transparence absolue.